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Dans les commentaires de cet article Philalète objectait à ma suggestion de décrire le stoïcisme comme une injonction à vivre en étranger. Je livre ce nouvel élément au dossier.

« Un dogme que l’on voit revenir constamment à travers tout le stoïcisme est celui de l’indifférence des lieux où l’on habite : n’est-ce pas là comme une transposition de l’indifférence d’un commerçant cosmopolite pour qui la patrie est l’endroit où il fait ses affaires? « Le sage disait Chrysippe (S.V.F., 174, I) n’hésitera pas, s’il y a profit, à aller jusqu’à Panticapée et au désert des scythes. » C’est grâce à ce détachement total de toute patrie, de toute tradition locale et régionale que la stoïcisme a dû, en partie, sa diffusion. »

Emile Bréhier, Introduction au stoïcisme, p. LXI, Les Stoïciens I (Tel)

Peut-être, pour éviter les malentendus, faudrait-il distinguer « vivre en voyageur » et « vivre en étranger ». Le stoïcien ne vit pas en étranger au sens où il y aurait, ailleurs, un « chez lui » qu’il serait destiné à regagner. Il vit plutôt comme un voyageur qui, parce qu’il n’est nulle  part chez lui (au sens où il n’est pas attaché à sa place dans le monde comme le sont les « insensés ») est aussi partout chez lui.

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