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Walt Whitman - Poèmes de Walt Whitman

Le vrai coupable que l’histoire officielle vous cache.

« Qui fut responsable du déclenchement de la Première Guerre mondiale ? L’empereur Guillaume ? Le tsar Nicolas ? Vous faites erreur. C’est le poète américain Walt Whitman. Certes, il est mort en 1892, mais son œuvre gagna l’Europe et y fut sans doute plus présente que dans son Amérique natale. C’est lui qui mit un revolver dans la main de Gavril Princip, le jeune assassin de l’archiduc Ferdinand, à Sarajevo. Le groupe poético-révolutionnaire auquel appartenait Princip adorait Whitman, prophète de la démocratie et de la libération des « masses », chantre de la fraternité entre les hommes dont chacun vaut autant que son prochain, et ce en dépit de l’ordre imposé par les bandits couronnés. C’est ainsi que Whitman apparaissait aux enthousiastes de tous les pays et je ne peux pas ne pas associer cet élan avec les gravures de Franz Masereel, qui illustrent les aventures d’un jeune homme dans une ville moderne — et qui ressemble justement à Princip — ou avec le roman de Romain Rolland Jean-Christophe. […] Sans nul doute le coup de feu tiré par Princip, qui croyait à la fraternité, acheva le siècle de l’optimisme, et l’on se mit par la suite à évoquer ces années comme si leur unique vérité n’avait été exprimée que par l’œuvre de Kafka. »

Czeslaw Milosz, L’immoralité de l’art, Fayard, p. 282

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Si la vie n’était pas si courte je prendrai le temps de lire la biographie que Tim Butcher a consacrée à Gravilo Princip pour m’assurer que Milosz dit vrai. Cet article mentionne d’autres influences littéraires de l’activiste bosniaque, mais pas Whitman.

« As a child, he was weak and frail, most likely due to the impoverished state in which the family lived. Six of his eight siblings died in infancy. Princip took refuge in books, reading works of Alexandre Dumas, Oscar Wilde, Walter Scott and many more. Pappenheim wrote that Princip would rather starve than sell one of his books. »

Ceux que les étiologies littéraires de la première Guerre Mondiale intéressent compléteront avantageusement ce texte de Milosz par la tirade que Fitzgerald place dans la bouche du héros de Tendre est la nuit.

A ceux qui, comme moi, ne connaissaient pas Frans Masereel, que mentionne Milosz, je propose ci-dessous un exemple de l’œuvre du graveur belge et je signale cet article consacré à la réédition de La ville, précurseur des romans graphiques contemporains.