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Comme le rappelait une étude de la Fondation Jean Jaurès publiée l’année dernière, Lionel Jospin avait réussi la performance de diviser par deux son score chez les enseignants entre 1995 et 2002.

« Au premier tour de l’élection présidentielle de 1995, soit quelques années seulement après l’implosion de la FEN et la disparition des écoles normales, Lionel Jospin recueillait 40% des voix des professeurs et instituteurs (d’après un sondage de la Sofres), mais son score fut divisé par deux (19%) au premier tour de l’élection présidentielle de 2002.[…] La déception concernant le bilan du gouvernement Jospin et le projet porté par le candidat expliquent sans doute, comme auprès d’autres composantes de l’électorat socialiste, ce désamour. Mais il fut sans doute renforcé chez les enseignants par les mauvais souvenirs laissés par le passage de Claude Allègre au ministère de l’Éducation. »

Étonnamment, le score réalisé par Emmanuel Macron chez les enseignants au premier tour de l’élection de 2017 est assez proche de celui qu’avait obtenu Lionel Jospin en 1995 : 38% (40% pour Jospin en 95, 19% pour le même Jospin en 2002, 31% pour Ségolène Royal en 2007 et 46%, pour Hollande en 2012). En ayant maintenu pendant 5 ans le ministre de l’éducation nationale vraisemblablement le plus impopulaire chez les enseignants depuis Claude Allègre, Emmanuel Macron espérait bien battre le record de Lionel Jospin en matière de perte du vote enseignant. Quelle ne fut pas sa consternation de constater qu’un sondage réalisé en janvier dernier le créditait encore de 23% d’intention de vote dans cette corporation.

Pour le président sortant, sa base électorale reste pourtant forte : 23% des professeurs déclarent qu’ils pourraient voter pour lui au premier tour, selon une enquête électorale Cevipof menée par Luc Rouban (2). Emmanuel Macron fait la course en tête dans les intentions de votes des enseignants, loin devant Yannick Jadot et Valérie Pécresse (12,1%). D’ailleurs, 69% des enseignants ayant voté pour le président de la République en 2017 se disent prêts à le faire de nouveau en avril prochain, confirme le chercheur.

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Il fallait réagir d’urgence et c’est ce qu’il fit avec ses annonces concernant l’éducation pour son 2e quinquennat. Pour être sûr d’atteindre son objectif il a même jugé bon de lâcher, dans la dernière ligne droite de la campagne, une de ces petites phrases méprisantes dont il a le secret.

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