Top 5 des formules que j’ai mémorisées à l’insu de mon plein gré

1.

« Mademoiselle, ne plus ne moins que la statue de Memnon rendait un son harmonieux lorsqu’elle venait à être éclairée des rayons du soleil, tout de même me sens-je animé d’un doux transport à l’apparition du soleil de vos beautés et, comme les naturalistes remarquent que la fleur nommée héliotrope tourne sans cesse vers cet astre du jour, aussi mon cœur dores-en-avant tournera-t-il toujours vers les astres resplendissants de vos yeux adorables, ainsi que vers son pôle unique. Souffrez donc, mademoiselle, que j’appende aujourd’hui à l’autel de vos charmes l’offrande de ce cœur qui ne respire et n’ambitionne autre gloire que d’être toute sa vie, mademoiselle, votre très humble, très obéissant, et très fidèle serviteur et mari. »

Quand j’étais en 3e, notre professeur de français nous a fait travailler sur le Malade imaginaire. Le rôle d’Argan m’a échu parce qu’elle s’est mis en tête – je ne sais sous l’effet de quelle perturbation cosmique – que j’avais un talent pour le théâtre. J’ai complètement oublié les tirades que j’avais apprises à l’époque, en revanche j’ai retenu la déclaration d’amour de Thomas Diafoirus, personnage interprété par mon meilleur ami à qui je faisais répéter son texte.

2.

« C’est le petit Bruno qui joue au cheminot, il se lève le matin pour aller prendre le train. Arrivé à la gare, le train était en retard. Pour aller au Japon, moi je prendrai le camion. J’avais un seul jouet et maintenant j’en ai deux. »

Il s’agit du texte d’une publicité de la fin des années 80 ou tout début des années 90 pour un jouet transformable (soit train, soit camion). Les publicités se gravent malgré nous durablement dans notre mémoire ; j’ai choisi celle-ci pour ce top, non seulement parce qu’elle n’est pas trop connue mais aussi parce qu’elle me revient régulièrement à l’esprit tout à fait hors de propos. Présentez-moi un Bruno et je lui chante cette chanson !

3.

« Par lui, avec lui et en lui, à toi Dieu le Père tout puissant, dans l’unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles. »

Hé oui, je suis allé régulièrement à la messe (jusqu’à ma confirmation).

4.

« Le train 1610 à destination de Strasbourg est à quai voie numéro 5, il desservira les gares de Commercy, Toul, Nancy, Lunéville, Sarrebourg et Saverne »

Souvenir des dimanches soir à la gare de l’est pour les retours de permission.

5.

« Cause I’m the type of nigga that’s built to last. If you fuck with me I’ll put my foot in your ass. »

Souvenir de mon premier – et pendant longtemps unique – contact avec le rap américain.  Durant l’été 90, j’ai côtoyé pendant 15 jours en chantier de bénévoles un adolescent de mon âge qui avait comme première particularité de porter le beau prénom de Clair-Marin et pour seconde particularité de répéter ce refrain à longueur de journée. C’est assez récemment que j’ai eu la curiosité d’en rechercher la source, il s’agit d’un extrait de Gangsta gangsta, une chanson des N.W.A. (Niggaz Witt Attitudes)