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Plutôt Dieu le Père que Mère Nature

« Ne vois-tu pas combien la bonté des pères est différente de celle des mères ? Les pères font lever leurs enfants de bonne heure, pour qu’ils se mettent au travail; ils n’admettent pas qu’ils restent oisifs même les jours de fête; ils font couler leur sueur et parfois leurs larmes. Mais les mères veulent les réchauffer dans leur sein, les tenir dans leur ombre, ne jamais les laisser pleurer, s’attrister, ou faire un effort. Dieu a envers les hommes de bien l’âme d’un père; il les aime sans faiblesse : « soient Stimulés, dit-il, par le travail, la douleur, les privations, afin d’acquérir une force véritable. » Les animaux trop nourris s’affaiblissent dans l’inaction ; non seulement le travail, mais le mouvement et même leur propre poids les épuisent. Un bonheur sans atteinte ne supporte pas le moindre coup. Mais dès qu’on a à lutter sans trêve contre les malheurs, on s’endurcit à leur rigueur, et l’on ne cède pas au mal ; et même si l’on tombe, on combat encore un genou en terre.

Es-tu étonné que Dieu qui aime par dessus tout les gens de bien, qui les veut les meilleurs et les plus excellents possibles, leur assigne un sort de nature à les éprouver. »

Sénèque, De la providence