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« Ce n’est pas le méprisable sentiment de faire valoir mon esprit qui m’a amené à briser la glace et à parler, mais c’est aussi une envie de « sauter au cou » des gens. Cette envie de sauter au cou, pour qu’on me trouve bon, pour qu’on se mette à m’embrasser ou je ne sais quoi dans ce goût (une cochonnerie, en un mot), j’estime que c’est le plus infâme de tous mes sujets de honte. »

Dostoïevski, L’adolescent, trad. Pierre Pascal, Folio, p.58

« Oh je sais qu’il me faut être silencieux avec les gens. La plus ignoble de toutes les perversions, c’est de se pendre à leur cou. »

ibid.p.64

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J’ai naguère cité un extrait des Égarements du cœur et de l’esprit, dans lequel Crébillon fait valoir que le fait que notre désir de reconnaissance soit reconnu par autrui (et plus particulièrement par ceux par lesquels on souhaitait être reconnu) nous vaut le mépris. Ici, le narrateur se méprise en reconnaissant le désir de reconnaissance qui a animé sa conduite sans même qu’intervienne la considération de l’identification de sa motivation par autrui. Il n’a pas besoin de se sentir méprisé pour se sentir méprisable.