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Aujourd’hui j’ai le projet d’éclairer un pseudo débat récurrent sur l’école à partir de mes lectures de vacances. La question de l’uniforme est en effet abordé par Goethe dans les Affinités électives. Charlotte et Ottilie après avoir parlé aménagement funéraire avec un architecte conversent en effet au sujet de la pédagogie avec un ancien professeur d’Ottilie.

« Charlotte venait d’apercevoir les petits jardiniers qui traversaient la cour, et elle le fit mettre à la fenêtre pour les voir passer. Il admira de nouveau leur bonne tenue, et approuva, surtout, l’uniformité de leurs vêtements.

– Les hommes, dit-il, devraient depuis leur enfance, s’accoutumer à un costume commun à tous. Cela leur apprendrait à agir ensemble, à se perdre au milieu de leurs pareils, à obéir en masse, et à travailler pour le bien général.

L’uniforme a, en outre, l’avantage de développer l’esprit militaire et de donner à nos allures quelque chose de décidé et de martial, analogue à notre caractère, car chaque petit garçon est né soldat. Pour s’en convaincre, il suffit  d’examiner les jeux de notre enfance, qui, tous, se renferment dans le domaine des sièges et des batailles.

– J’espère que vous me pardonnerez, dit Ottilie, de ne pas avoir soumis mes petites élèves à l’uniformité du costume. Je vous les présenterai un de ces jours, et vous verrez que la bigarrure aussi peut avoir son charme.

– J’approuve très fort la liberté que vous leur avez laissée à ce sujet : la femme doit toujours s’habiller à son gré, non seulement parce qu’elle seule sait ce qui lui sied et lui convient le mieux, mais parce qu’elle est destinée à agir seule et par elle-même.

– Cette opinion me paraît paradoxale, observa Charlotte, car nous ne vivons jamais pour nous…

– Toujours, au contraire, interrompit le Professeur ; je dois ajouter cependant que ce n’est que par rapport aux autres femmes. Examinez l’amante, la fiancée, l’épouse, la ménagère, la mère de famille ; toujours et partout elle est et veut rester seule ; la femme du monde elle-même éprouve ce besoin que toutes tiennent de la nature. Oui, chaque femme doit nécessairement éviter le contact d’une autre femme, car chacune d’elles remplit à elle seule les devoirs que la nature a imposés à l’ensemble de leur sexe. Il n’en est pas ainsi de l’homme, il a besoin d’un autre homme, et s’il n’existait pas il le créerait, tandis que la femme pourrait vivre pendant toute une éternité sans songer à produire son semblable.

– Lorsqu’on a l’habitude d’énoncer des vérités d’une manière originale, dit Charlotte, on finit par donner, à ce qui n’est qu’original, les apparences de la vérité. Votre opinion, au reste, est juste sous quelques rapports, nous devrions toutes en faire notre profit, en cherchant à nous soutenir et à nous seconder, afin de ne pas donner aux hommes trop  d’avantages sur nous.