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« Humboldt n’a d’autre ressource, lorsque les Français entreprennent de l’entretenir de sujets spéculatifs, que de chercher à esquiver la conversation, sous peine, à chaque fois, de nouveaux agacements. Il ne leur entre pas en tête qu’il y ait quoi que ce soit dans l’esprit humain qui n’y ait pas pénétré du dehors. C’est ainsi que Mounier me déclarait l’autre jour que l’idéal est composé par l’assemblage de beaux fragments, recueillis un peu partout ! Comme je ripostais en lui demandant d’où provient, en ce cas, l’idée même de la beauté de ces éléments, et comment l’homme en vient à éprouver le besoin d’en former un bel ensemble, et si le terme « composer » n’est pas une expression un peu basse pour qualifier le mode d’activité dont use le génie lorsqu’il utilise à son gré les éléments que lui a fournis l’observation – il eut vite fait de trouver dans sa langue réponse à ces diverses questions, et m’assura que de tout temps on avait attribué au génie une sorte de création.

Il en va ainsi de tous les propos qu’ils tiennent  : ils partent régulièrement, avec une assurance très catégorique, d’une idée abstraite préconçue, et, si l’on vient à hausser la question à un niveau supérieur, ils allèguent aussi tôt qu’ils ont une locution toute prête pour traduire ce nouveau point de vue, sans se préoccuper de savoir s’ils se mettent ou non en contradiction avec leur assertion première.

Goethe, Lettre à Schiller du 28 février 1798

« La langue française a été spécialement créée et mise au monde pour exprimer ce qu’il y a de plus superficiel dans la superficialité. Il faut constater d’ailleurs que les littérateurs de ce pays sont aussi apprivoisés que sa politique est brutale. »

Goethe, Lettre à Schiller du 14 mars 1798