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Travail en commun. Certaines gens n’apprennent pas dans la solitude, mais grâce aux échanges d’idées. Peut-être même est-ce la méthode la plus féconde. Il est vrai qu’elle confine souvent au dilettantisme , du moins pour tous les objets qui ne sont pas au centre de nos intérêts. Elle assure en tous cas l’harmonie des capacités, l’élégance du comportement intellectuel. Ainsi pratiquait-on en Grèce la politique, l’art de gouverner et autres choses semblables.

Les hommes de cette espèce peuvent croire au mythe ; soit parce que la communauté entière croyait dans une belle harmonie, parce que croire était un raffinement de société, soit parce que les réflexions qui minent la croyance supposent des critiques solitaires. Le mythe a donc disparu avec le développement de l’individualisme. Naturellement, il se peut que les deux choses aient en commun une troisième cause.

Robert Musil, Journaux I, trad. Philippe Jaccottet, Seuil 1981, p. 223