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L’exégèse des évangiles n’a pas l’air d’être une partie de rigolade, on y trouve cependant quelques occasions de sourire comme avec ce commentaire du récit de la résurrection de  la fille de Jaïre :

Ressusciter les morts d'accord, mais dans la discrétion, il ne faut pas déconner !

Ressusciter les morts d’accord, mais dans la discrétion, il ne faut pas déconner !

« Selon son habitude, Marc a inséré en 5, 43, à la fin d’un récit de miracle, une recommandation de silence ; mais cette recommandation trouve ici encore moins de signification que n’importe où ailleurs dans l’évangile. En effet, les messagers venus de chez Jaïre avaient annoncé la mort de la jeune fille en présence de toute la foule, avant que Jésus ne laisse celle-ci en retrait (v. 35-37). Lorsque Jésus arrive chez Jaïre, un groupe de gens en deuil, probablement de la famille et des amis, s’étaient déjà rassemblés et pleuraient la mort de la jeune fille ; et quand Jésus annonce que la jeune fille n’est pas (définitivement) morte; ils se moquent de lui (v. 38-39). Face à une telle divulgation de la mort de jeune fille, la recommandation de silence absolu est absurde. Avec les gens du deuil encore dehors et la jeune fille ex-morte courant dans la maison et dévorant son repas, il y a quelque chose de ridicule à vouloir que les parents puissent garder le secret, même pour un temps relativement court, sur le retour de leur fille à la vie. Manifestement Marc est si obnubilé par son thème théologique du secret à garder et des « épiphanies secrètes » qu’il ne fait même pas attention ici à la vraisemblance du récit. »

John P. Meier, Un certain juif Jésus, Tome II, p. 565