SOIR

L’heure est venue
d’être sincères,
l’heure des larmes
sans consolation,
la dernière heure avant
le grand silence.
Ôtez vos habits,
votre chair, vos os,
et lancez loin de vous
votre cœur malade.
Larmes et salut ! amis.
Attendez les vents
chargés de semences
et de paysages inouïs.
Fleurissez et arrachez
votre floraison de nouveau,
habits ineffables,
cœur, chair et os.
Larmes et salut, amis.
Face à la mer des vents
pour être vivants à jamais
soyons d’éternels mourants.

Federico Garcia Lorca