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Le 8 mars est une excellente journée pour faire quelques remarques sur le virtue signalling.

Il est bien certain que la suspicion de virtue signalling est une des accusations favorites des adversaires – plus ou moins réactionnaires – de la gauche woke. Mais le tweet ci-dessus illustre que ce type de reproche a cours au sein de la wokosphère. Pour les non-initiés, expliquons de quoi il s’agit dans cette histoire de « fête des cookies ». L’auteur du tweet fait la leçon aux hommes qui profitent de 8 mars pour afficher leurs bonnes actions féministes afin d’être complimentés (obtenir des « cookies »). Un bon homme-féministe, devons nous comprendre, n’affiche pas sa vertu féministe pour se faire valoir mais laisse la parole aux personnes concernées en cette journée blablabla … Évidemment, il est très tentant de soupçonner l’auteur du tweet de faire exactement ce qu’il reproche aux autres de faire, quoique de manière détournée : montrer qu’il est un bon féministe en se démarquant des autres hommes. Ainsi on affiche son accès au rang n+1 de la wokeness en critiquant le virtue signalling des personnes de rang n. On devine que peut s’amorcer ici une régression à l’infini de l’accusation d’affichage de vertu. Ma propre analyse de ce tweet s’expose elle-même à cette accusation avec cette nuance que ce n’est pas mon féminisme que j’afficherais ici mais un autre type de vertu (regardez ma belle lucidité désabusée !). Cette dernière remarque, évidemment, est redevable de la même suspicion (regardez comme je suis lucide sur moi-même !).