Die Schwelle

Kaum legtet ihr aus eurer hand die kelle
Und saht zufrieden hin nach eurem baun:
War alles werk euch nur zum andren schwelle
Wofür noch nicht ein stein behaun.

Euch fiel ein anteil zu von blüten saaten ·
Ihr flochtet kränze · tanztet überm moos ..
Und blicktet ihr zu nächsten bergesgraten
Erkort ihr drüben euer los.

Da DU die bunten äpfel überm meere
Und DU der fremden reben wein erhobst:
Verdorrte eurer gärten vollste beere
Und um euch her viel reifes obst.

Und da ihr horchtet auf der goldnen imme
Und eines windes lockendes gekling:
So überhörtet ihr gar oft die stimme
Der süssen die vorüberging.

Stefan George, Der Siebente Ring

*

Le seuil

A peine aviez-vous déposé la truelle
Et d’un œil satisfait contemplé vos travaux
Qu’ils n’étaient plus pour vous qu’un seul d’autres demeures
Dont vous n’aviez pas une pierre.

Vous avez eu vos parts de moisson et de fleurs
Pour tresser des couronnes et danser sur la mousse
Mais tourniez-vous les yeux vers les cimes prochaines
C’était pour y chercher vos jours.

Tandis que tu vantais les pommes d’outre-mer
Leurs tons vifs ; toi les vins de vignobles étranges
Dans vos jardins séchaient des grappes succulentes
Autour de vous tous les fruits mûrs.

Tu guettais la chanson d’une abeille dorée
Qui t’eût charmé, fondue à celle de la brise
Et trop souvent distrait tu n’auras pu saisir
Une douce voix qui passait.

trad. Maurice Boucher