Étiquettes

, ,

Je ne peux que me réjouir qu’Arte ait diffusé, pendant les vacances, le Great Gatsby de 1974 avec Robert Redford dans le rôle du personnage éponyme.  Je n’avais jamais vu ce film et j’étais également passé à coté du Gatsby de Baz Luhrman avec Di Caprio. En revanche j’avais lu le livre de Fitzgerald quand j’étais en hypokhâgne, c’est d’ailleurs le premier livre que j’ai dû lire en anglais (j’avais acheté une traduction française par sécurité). Le seul passage du livre dont je me souvenais vaguement était une description que j’avais eu en exercice de version en khâgne, mais pour ce qui est de l’essentiel de l’intrigue je l’ai redécouverte avec le film (qui est très fidèle comme je l’ai vérifié par la suite). J’en ai été enchanté et je me suis précipité dans ma bibliothèque dès la fin du film pour retrouver mes deux éditions de l’ouvrage. Je ne m’explique pas comment j’avais pu ne garder aucun souvenir de cette fin magnifique :

« And as I sat there, brooding on the old unknown world, I thought of Gatsby’s wonder when he first picked out the green light at the end of Daisy’s dock. He had come a long way to this blue lawn and his dream must have seemed so close that he could hardly fail to grasp it. He did not know that it was already behind him, somewhere back in that vast obscurity beyond the city, where the dark fields of the republic rolled on under the night.
Gatsby believed in the green light, the orgastic future that year-by-year receipts before us. It eluded us then, but that’s no matter– tomorrow we will run faster, stretch out our arms farther… And one fine morning–
So we beat on, boats against the current, borne back ceaselessly into the past. »

Je me garderai du moins de faire porter la responsabilité de cet oubli à notre professeur d’anglais, madame Primenko, à qui je sais encore gré de nous avoir fait découvrir The tyger de Blake et Dover Beach de Matthew Arnold.

Si j’avais tout oublié de l’intrigue de Gatsby, j’avais en revanche retenu une anecdote à propos de l’adaptation de 1974 : c’était le film préféré du couple Ceaucescu. Je ne saurai dire dans quel documentaire j’ai appris ce fait, et je ne sais comment je me suis convaincu que le Nicolae Ceaucescu s’identifiait à Gastby, mais j’aimais bien l’idée qu’un dictateur aussi mal coté (je ne crois pas qu’il ait jamais eu de thuriféraires en occident comme Staline, Mao, ou Castro) se soit reconnu dans le parvenu Gatsby et ait voulu se voir lui même avec cette aura romantique.