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« Il pèse sur l’écrivain de clichés un reproche de paresse ou de facilité ; et Coleridge se plaignait déjà qu’il fut plus aisé, à ce compte, de devenir journaliste que cordonnier. Ainsi Albalat voit-il dans le style banal une façon de laisser-aller ou d’impuissance ; Gourmont, un signe de déchéance et d’inattention ; Schwob, d’ignorance ou de veulerie. (Et volonteirs nous les voyons avec eux. Ainsi dit-on couramment – et comme en cliché – de qui parle en cliché : « Il n’est pas allé cherché bien loin, il ne s’est pas fatigué. » Et encore : « Voyez des gens causer dans la rue … Rien ne passe sur leurs visages des mots qu’ils disent. C’est qu’ils ne pensent pas qu’ils ne pensent jamais, qu’ils se servent de phrases toutes faites. »)

Jean Paulhan, Les fleurs de Tarbes, Folio essais, p. 54 – 55