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Le saviez-vous ? L’idylle centrale d’un des plus fameux classiques de la littérature commence par une scène de harcèlement de rue.

Une rue

FAUST, MARGUERITE (passant)

FAUST – Ma jolie demoiselle, oserai-je hasarder de vous offrir mon bras et ma conduite ?

MARGUERITE – Je ne suis ni demoiselle ni jolie, et je puis aller à la maison sans la conduite de personne. (Elle se débarrasse et s’enfuit.)

Goethe, Faust , trad Gérard de Nerval

Il est intéressant de noter, qu’une fois leur histoire lancée sur de meilleurs rails, nos héros reviennent sur ce moment inaugural.

FAUST – Et tu me pardonnes la liberté que je pris ? ce que j’eus la témérité d’entreprendre lorsque tu sortis tantôt de l’église ?

MARGUERITE – Je fus consternée ! jamais cela ne m’était arrivé, personne n’a pu jamais dire du mal de moi. « Ah ! pensais-je, aurait-il trouvé dans ma marche quelque chose de hardi, d’inconvenant ? Il a paru s’attaquer à moi comme s’il eût eu affaire à une fille de mauvaises mœurs. » Je l’avouerai pourtant : je ne sais quoi commençait déjà à m’émouvoir à votre avantage ; mais certainement je me voulus bien du mal de n’avoir pu vous traiter plus défavorablement encore.

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