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« Même les monstres,  ceux des livres pour faire peur (Bosch, Goya, Gustave Doré), ceux du bestiaire fantastique de Borges, ceux des bandes-dessinées, des films d’horreur ou de la science-fiction, comme le sympathique E.T. restent le plus souvent doué de symétrie bilatérale, de dorsiventralité et de polarité céphalocaudale. L’auteur se veut libéré de toute règle et il ne se reconnaît aucune entrave, tout à son désir de surprendre ou d’effrayer. Pourtant, si fantastiques qu’elle soient, ses créatures restent conformes, avec une sorte de docilité, à ce que nous connaissons des relations entre l’espace et la forme des êtres mobiles ; si cette conformité était perdue, ils ne seraient plus des monstres, mais seulement des objets amorphes et dénués de signification, qui n’effraieraient plus personne. »

Francis Hallé, Éloge de la plante, p. 77

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