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Cette semaine je procrastine en lisant des cours donnés par Husserl en 1925 sous le titre Psychologie phénoménologique, et c’est ainsi que je suis tombé sur ce texte dont la fin m’a pour le moins déconcerté.

« Il est clair qu’on ne peut faire l’expérience du psychique propre ou du psychique étranger que dans la mesure où ils animent la chair propre ou étrangère liée selon sa typique, et que l’être psychique quel qu’il soit, dont on a déjà fait l’expérience et l’épreuve , doit aussitôt s’annihiler lorsque sont supprimées les présuppositions aperceptives de l’expérience de l’âme, par conséquent lorsque la chair cesse de maintenir ce style organique qui est la condition de possibilité pour qu’elle soit susceptible d’une fonction d’animation, en l’occurrence pour qu’elle puisse indiquer qu’elle est animée. La mort en tant qu’événement réel dans le monde ne signifie pas, par conséquent, que l’âme se détache pour former une réalité propre à l’intérieur de ce monde. La mort est, d’un point de vue mondain, l’anéantissement de l’âme, nota bene en tant qu’âme dans le monde. La doctrine de l’immortalité devrait par conséquent, si elle ne doit pas entrer en contradiction avec le sens du monde tel qu’il est fixé par l’expérience universelle objective, avoir une toute autre signification et peut, de fait, l’avoir s’il est vrai que la considération naturelle du monde, celle de toute vie naturelle qui se manifeste dans le monde et de toute science, ne doit ni peut-être n’a le droit d’avoir le dernier mot ; si, en d’autres termes, on peut montrer que cet univers tout entier, ce tout des objets de l’expérience objective possible, ne peut pas valoir pour l’étant au sens absolu, et que l’absolu que le monde présuppose déjà est l’esprit mais il ne s’agit alors en aucune manière de l’esprit mondanisé, surtout pas en tant qu’âme. »

Edmund Husserl, Psychologie phénoménologique, Vrin 2001, p. 104

Sur la première partie (jusqu’au nota bene) je n’ai rien à redire si ce n’est que le statu de vérité a priori de ce qui y est énoncé mériterait d’être discuté. C’est la seconde partie qui suscite ma perplexité. Si je la comprends bien, Husserl ouvre la porte a une immortalité via la conscience transcendantale ; l’épochè transcendantale, ne serait alors pas simplement une opération cognitive mais une opération quasi-mystique nous donnant accès en cette vie à ce qu’il y a d’immortel en nous. Outre la question de la pureté des motifs d’une telle doctrine l’immortalité, se pose inévitablement la question du caractère personnel ou impersonnel de cette immortalité, en quoi la porte husserlienne vers l’immortalité s’apparenterait à celle qu’ont cherché les commentateurs d’Aristote dans l’intellect agent.

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