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« On est frappé, quand on étudie par exemple les guerres civiles qui agitèrent la France au XVIe siècle et même au fin du XVIIIe, du petit nombre de personnes dont elles ont proprement trouble l’âme; alors que l’histoire est remplie jusqu’au XIXe siècle de longues guerres européennes qui laissèrent la grande majorité des populations parfaitement indifférentes en dehors des dommages matériels qu’elles leur causaient, on peut dire qu’aujourd’hui il n’est presque pas une âme en Europe qui ne soit touchée, ou ne croie l’être, par une passion de race ou de classe ou de nation et le plus souvent par les trois. . . . Les passions politiques atteignent aujourd’hui à une universalité qu’elles n’ont jamais connue. « 

Julien Benda, La trahison des clercs

Cette citation découverte sur le blog de Pascal Engel, m’évoque un extrait du journal de mon cher Pavese

 » Toutes ces histoires de révolutions, cette envie de voir se produire des événements historiques, ces attitudes monumentales, sont la conséquence de notre saturation d’historicisme, et c’est pour cela  que, habitués à traiter les siècles comme les feuilles d’un livre, nous prétendons entendre la sonnerie de l’avenir chaque fois qu’un âne brait. »

Cesare Pavese, Le métier de vivre