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Portrait du chouan en sauvage

(c’est moi qui grasse)

« Cet inconnu, homme trapu, large des épaules, lui montrait une tête presque aussi grosse que celle d’un bœuf, avec laquelle elle avait plus d’une ressemblance. Des narines épaisses faisaient paraître son nez encore plus court qu’il ne l’était. Ses larges lèvres retroussées par des dents blanches comme de la neige, ses grands et ronds yeux noirs garnis de sourcils menaçants, ses oreilles pendantes et ses cheveux roux appartenaient moins a notre belle race caucasienne qu’au genre des herbivores. Enfin l’absence complète des autres caractères de l’homme social rendait cette tête nue plus remarquable encore.

[…]

Il s’assit tranquillement sur le bord du chemin, tira de son sarrau quelques morceaux d’une mince et noire galette de sarrasin, repas national dont les tristes délices ne peuvent être comprises que des Bretons, et se mit à manger avec une indifférence stupide. Il faisait croire à une absence si complète de toute intelligence, que les officiers le comparèrent tour à tour, dans cette situation, à un des animaux qui broutaient les gras pâturages de la vallée, aux sauvages de l’Amérique ou à quelque naturel du cap de Bonne-Espérance.« 

Balzac, Les chouans, chap. 1

J’espère que le CRAB (Conseil Représentatif des Associations Bretonnes) compte agir contre cet immondice. Que cet auteur soit banni des établissements scolaires, ou du moins que toute nouvelle édition de ses œuvres comprenne un avertissement en 1ere page !

Trêve de plaisanterie facile [1]. Je suis loin d’être un apôtre de la relecture des œuvres du passé au travers de la grille raciale, mais il faut reconnaître qu’on lui trouve des applications inattendues.

 

[1] Signalons en passant qu’il existe semble-t-il  déjà des gens qui traquent sérieusement la bretonnophobie dans les œuvres de fictions (voir par exemple cet article de Ggauvain).

 

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