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« Il faut bien dire que l’on était alors aux tout premiers jours du mouvement, dit  » d’émancipation de la femme ». Bien des choses étranges eurent lieu en ce temps-là. Je ne crois pas que sur le moment le mouvement pénétra très loin dans les couches sociales; mais voilà que des jeunes femmes de grande intelligence y participaient, que les plus spirituelles et les plus hardies d’entre elles, saisies d’un farouche désir de voler de leurs propres ailes, émergeaient enfin d’un obscurantisme millénaire, pour regarder le soleil en face. Je crois que certaines revêtirent l’armure et prirent le nimbe de Jeanne d’Arc, vierge émancipée, elle aussi, et finirent par rejoindre la cohorte des anges de lumière. Mais la plupart des femmes, dès qu’elles ont le loisir de jouer avec la vie, courent au sabbat des sorcières.

Personnellement, je les respecte pour cela; et je crois ne m’être jamais sérieusement épris d’une femme n’ayant jamais enfourché un balai. »

Karen Blixen, Le vieux chevalier errant, in Contes Gothiques, p. 117

« Mais Dieu sait ce que sont les femmes de cette génération, nées après la Révolution française et les romans de Mme de Staël. La richesse, une situation brillante et un mari indulgent ne leur suffisent pas. Elles veulent faire l’amour  comme nous prenons le Saint-Sacrement »

Karen Blixen, Sur la route de Pise, in Contes Gothiques, p. 221

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