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J’ai évoqué il y a un mois comment, après avoir vu Une femme de Tokyo, j’étais parti en quête du plus ancien film intégrant une scène de projection cinématographique. Je viens de découvrir qu’Ozu est un récidiviste de la mise en abyme et de la citation de films d’autres réalisateurs. En effet dans Le fils unique (1936), les deux personnages principaux, Ryosuke (le fils unique) et Tsune Nonomiya (sa mère) se rendent au cinéma. Plus exactement le fils emmène sa mère venue de province découvrir le cinéma parlant.

Pour apprécier pleinement cette mise en abyme il faut savoir que Le fils unique est le premier film parlant réalisé par Ozu.

Pour nous monter ce que regardent ses personnages, le réalisateur japonais intègre deux séquences de La symphonie inachevée, un film anglo-autrichien sorti en 1934 (le film est réalisé par l’acteur autrichien Willi Forst dont c’est la première réalisation, sous la supervision, du moins pour la version anglaise, de l’anglais Anthony Asquith). Comme vous l’aviez peut-être deviné il s’agit de ce qu’on appellerait aujourd’hui un biopic consacré à Franz Schubert et plus précisément à son idylle avec Caroline Esterhazy.

Séquence « le jeune Franz sous le charme des performances lyriques de la Fraulein »

Séquence « le jeune Franz rejoint sa blonde au milieu des blés »

Mais le meilleur de la mise en abyme réside dans sa touche ironique : la mère du « fils unique » s’endort pendant le film (pendant la séquence musicale qui plus est) …

… à la déception de son fils.

A la décharge de Tsune, outre son âge et la fatigue du voyage jusqu’à Tokyo, il faut dire que ça parle et ça chante en allemand et que le film semble n’être ni doublé ni sous-titré (je dois avouer que j’ignore combien de temps il a fallu après les débuts du parlant pour que s’imposent le doublage ou le sous-titrage).

[1] En allemand ce film est désigné par le titre d’une autre œuvre de Schubert : Leise flehen meine Lieder. Il est visible sur Daily motion (en allemand avec sous-titres en japonais).

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