Étiquettes

, ,

« Quand on orne trop quelque chose, on oublie l’intention cachée.

Un épicier aimait une femme; il lui confiait des messages par l’intermédiaire de sa servante : « Je suis comme ceci, je suis comme cela, je suis amoureux, je brûle, je n’ai pas de repos, je souffre de tant de cruauté, hier soir j’étais dans tel état, et la veille dans tel autre », racontant toujours de longues histoires. La servante vint auprès de sa maîtresse, et lui dit : « L’épicier te salue, disant : viens que je fasse cela avec toi. » La dame demanda : « Avec cette froideur ? » La servante répondit : « Il a raconté de longues histoires, mais l’essentiel c’était cela. »

L’essentiel est l’intention, le reste n’est que mal de tête. »

Djalâl ad-Dîn Rûmî, Le Livre du dedans
trad. Vitray-Meyerovitch, Actes Sud, Babel, p. 118