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Mon légitimisme culturel foncier me porte à préférer regarder un film muet japonais qu’un film de super-héros. C’est ainsi que j’ai récemment vu Une femme de Tokyo, un film réalisé par Ozu en 1933. Un détail qui a retenu mon attention, c’est qu’au cours du film deux personnages Ryoichi et Harue vont au cinéma :

Ozu insère des plans du générique ainsi que quelques secondes du film que regardent ses personnages.

Renseignement pris, il s’agit d’une citation d’un film à sketch  tourné l’année précédente aux Etats-Unis : If I had a million. Le passage intégré par Ozu appartient à la section tournée par Lubitsch. La question qui m’a immédiatement assailli est la suivante : mais quel est donc le premier cinéaste à avoir intégré des plans d’un autre film (et d’un autre réalisateur) dans un de ses films? C’est avec enthousiasme que j’ai découvert le très riche article Film contenant un film sur Wikipedia (l’article en français n’a pour l’instant qu’un équivalent en allemand qui est beaucoup moins pourvu). Plusieurs catégories sont distinguées selon la nature du film cité (réel ou fictif) et la manière dont il est cité. Malheureusement le film d’Ozu n’est pas mentionné dans la catégorie « Film cité dans une projection cinéma », c’est d’autant plus dommage que le plus ancien film mentionné dans cette catégorie est postérieur à Une femme de Tokyo, il s’agit de Sunset Boulevard (1950) de Billy Wilder. Le plus ancien film cité toute catégorie confondue est Tartuffe de Murnau (1926), mais dans ce cas le film dont le réalisateur montre la diffusion est un faux film de fiction et non un « vrai film ». Il est intéressant de noter que dès 1929 on trouve un film se citant lui même : L’homme à la caméra de Dziga Vertov.

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