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Que m’importe si chacun médit sur mon compte
Ou si l’on multiplie par cent un défaut que je n’ai pas
Je suis un miroir : quiconque me regarde
Y trouve tout le bien et tout le mal qu’il me présente

Omar Khayyâm, Robâiyât
trad. Rezvanian : 528

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Je me propose de comparer brièvement la manière dont opère ici la métaphore du miroir avec la manière dont elle est mobilisée dans deux textes d’auteurs persans que j’ai précédemment cités.

D’une part on pourrait ainsi mettre « en miroir » ce quatrain attribué à Khayyâm avec ce texte dans lequel Rûmî nous explique que ce sont nos propres défauts que nous voyons en autrui. Dans le premier cas je suis un miroir pour autrui et ses médisances révèlent ses défauts, dans le second, autrui est un miroir pour moi et mes médisances révèlent mes défauts. On a donc affaire à deux déclinaisons symétriques d’un même principe : chacun est un miroir pour l’autre. Mais il y a une autre manière (plus originale ?) de mobiliser la métaphore du miroir pour traiter le thème de la médisance qui nous est proposée par ce quatrain de Djamâl d’Ispahan : s’il ne faut pas médire ce n’est plus parce que celui dont on médit est un miroir, mais pour être soi-même un bon miroir.

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