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Continuons le tour d’horizon des œuvres musicales dont le titre mentionne l’alouette.

Commençons par Can vei la lauzeta mover (Quand je vois l’alouette mouvoir en occitan) du fameux troubadour Bernard de Ventadour. Je vous en propose une interprétation par l’ensemble Alla Francesca, mais on en trouverez sans peine d’autres qui seront peut-être plus à votre goût.

Can vei la lauzeta mover
de joi sas alas contra.l rai,
que s’oblid’e.s laissa chazer
per la doussor c’al cor li vai
ai ! tan grans enveya m’en ve
de cui qu’eu veya jauzion,
meravilhas ai, car desse
lo cor de dezirer no.m fon.

Ai, las tan cuidava saber
d’amor, e tan petit en sai !
car eu damar no.m posc tener
celeis don ja pro non aurai.
Tout m’a mo cor, e tout m’a me,
e se mezeis’e tot lo mon ;
e can se.m tolc, no.m laisset re
mas dezirer e cor volon.

Pus ab midons no.m pot valer
precs ni merces ni.l dreihz qu’eu ai,
ni a leis no ven a plazer
qu’eu l’am, ja mais no.lh o dirai.
Aissi.m part de leis e.m recre ;
mort m’a, e per mort li respon,
e vau m’en, pus ilh no.m rete,
chaitius, en issilh, no sai on.

Tristans, ges no.n auretz de me,
qu’eu m’en vau, chaitius, no sai on.
De chantar me gic e.m recre,
e de joi e d’amor m’escon.

Quand je vois l’alouette mouvoir
de joie ses ailes dans le rayon du soleil,
qui s’oublie et se laisse choir
pour la douceur qui lui prend le cœur,
ah! si grande envie m’en vient
de ceux que je vois heureux,
que je suis tout surpris qu’à l’instant
mon cœur ne fonde en moi de désir !

Ah ! las ! je croyais tant savoir
d’amour, et j’en sais si peu!
car moi, je ne peux me retenir d’aimer
celle dont je n’aurai jamais rien en retour.
Elle m’a dérobé le cœur et elle s’est emparée de moi,
et elle-même s’est dérobée tout en me dérobant le monde
et en se dérobant à moi, elle ne m’a rien laissé
que le désir et le cœur ardent.

Puisque, auprès de ma dame ne peut plus me valoir
ni prière ni pitié ni mon droit légitime,
et qu’il ne lui fait plus plaisir
que je l’aime, jamais plus je ne le lui dirai.
Ainsi je me sépare d’elle et je me retire;
elle m’a mis à mort et en mort je lui réponds,
et puisqu’elle ne me retient pas, je m’en vais,
malheureux, en exil, je ne sais où.

Tristan, vous n’aurez plus rien de moi,
car je m’en vais, malheureux, je ne sais où.
Du chant je m’abstiens et je me retire,
à la joie et à l’amour je me dérobe.

 

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Enchaînons avec Жаворонок, (Schaworonok, L’alouette en russe) une pièce composée par Glinka sur des paroles de son ami le dramaturge Nestor Koukolnik (les paroles en russe et leur traduction en allemand sont disponibles ici). Je vous propose une interprétation avec Galina Vishnevskaya au chant.

Balakirev a réalisé un arrangement pour piano de cette pièce (ci-dessous dans une interprétation d’Evgeni Kissin).

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 Saviez-vous qu’en roumain alouette se dit « Ciocârlia »? Sans que ce soit particulièrement surprenant, en Roumanie aussi, l’alouette a donné son nom à une pièce du folklore local. La mélodie a semble-t-il gagné en célébrité après avoir été  arrangée pour violon par Angheluş Dinicu à l’occasion de l’exposition universelle de 1889 (à laquelle nous ne devons donc pas seulement la Tour Eiffel).

La mélodie a été reprise par Georges Enesco dans sa Première Rhapsodie roumaine.

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