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« Pas même seul. Des tas. Des tas de SEULS ! »
Ainsi jadis criais-je un poème
où ce long vers rimait avec « linceuls »

faute d’une autre rime – ou du courage
abandonner le texte inachevé
quand on n’est plus le maître de l’ouvrage.

[…]

« Des tas de seuls! » Chacun sur son ballot
assis, colis perdu, une monade –
et cependant figure d’un ballet

mystérieux, mobile, monotone
d’Iphigénies en marche vers l’autel…
Mais tout à coup le Choeur : « Quel Dieu ordonne

que nous ayons tout seuls, sans être seuls,
à traverser ces mers et cette vie
sans autre rime riche que « linceuls » ?

Benjamin Fondane, Le mal des fantomes, XII

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