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… tantôt défoncés, les habitants de la maison bleue

Je ne connaissais jusqu’à présent que la version « enlacés » du deuxième vers du deuxième couplet de San Francisco, et je viens juste de découvrir cette amusante variante textuelle (attestée également sur cette version d’un concert de 1973). Un temps je me suis dit que la version « défoncés » était peut être la version originale, que l’auteur et interprète aurait modifiée pour faciliter sa transition de « chanteur baba-cool » à « chanteur pour veillée scoute ». Mais cette supposition est infirmée par la découverte d’une version « enlacés » de 1972. L’article de Wikipedia consacré à cette chanson ne m’a rien appris sur ces variantes mais il m’a permis  de prendre connaissance de l’épisode de la redécouverte de la Maison Bleue (avec coup de peinture et plaque commémorative payée pour le consulat à la clé) qui m’avait échappé.

Et pendant qu’on y est, si on se allait voir ce qu’est une kéna ! Eh bien, il s’agit d’une flute andine dont voici une démonstration.

Enivré par le parfum du patchouli j’ai décidé de poursuivre l’éclaircissement des arcanes des chansons de Maxime Le Forestier et de me renseigner sur les sauvagines dans lesquelles se donne la brune de L’éducation sentimentale.

Je m’étais toujours imaginé qu’il s’agissait de fleurs des prés ou des bois. Las, le CNRTL me  propose les définitions suivantes :

A. – CHASSE, adj et subst.
1. Adj. Propre aux oiseaux de mer, d’étang, de marais. J’aspire l’odeur sauvagine du large (Arnoux,Abisag,1919, p. 291).On dit que le gibier d’eau a un goût sauvagin (Duchartre1973).
2. Subst. fém. Gibier d’eau douce ou salée, sédentaire ou migrateur. Chasse à la sauvagine. La sauvagine a, par les nuits d’hiver, aux bords des fleuves gelés, de ces étranges piaulements (Lorrain,Sens. et souv.,1895, p. 184).On l’avait baptisé Sarcelotte (…) à cause d’un flair particulier à ce chasseur de sauvagine, des colverts et des sarcelles qui hantent les roseaux des étangs (Genevoix,Raboliot,1925, p. 24).
3. Subst. masc. ou fém. Odeur, goût caractéristique de ce gibier. Le canard sent le sauvagin. [La chair des buffles] parfaitement semblable à celle du bœuf, en diffère cependant par l’odeur qui, dans le buffle, tient un peu de la sauvagine (Freycinet,Voy. terres austr.,1815, p. 334).Il sentait la sauvagine, la fumée, l’écorce (Pourrat,Gaspard,1931, p. 206).
B. − COMM., subst. fém. [Nom collectif donné aux pelleteries communes et non apprêtées qui proviennent des animaux sauvages que l’on trouve en France] Il a étendu peu à peu son commerce, joignant (…) les peaux de lapin et d’agneau à la « sauvagine », c’est-à-dire aux fourrures de renard et de fouine, aux dépouilles de sanglier ou de blaireau (Pesquidoux,Chez nous,1923, p. 219).En 1969, à la « Foire à la sauvagine de Toulouse », les peaux les plus recherchées étaient celles de la martre et du renard (Duchartre1973).

S’initier à l’amour physique parmi les fientes de canard me semblant assez peu romantique, j’en déduis que le sens pertinent doit être le B et que l’auteur aimerait donc faire l’amour sur des peaux de blaireaux.

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