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Isotope

Les paroles te circonscrivent.
Sans paroles je ne peux te saisir.
Je voudrais t’ouvrir comme un bahut,
mais le bahut ouvert ce n’est plus toi.

Mes pensées mordent en toi à belles dents,
le goût sucré de la poire est comme de la résine, comme une blessure.
Croquer jusqu’au trognon – ah,
te voilà étrangère dans l’empreinte que laisse mes dents.

Lire sur tout ce que tu touches l’effet que tu produis,
identifier mes impulsions, les ayant traversées,
à une expression qui vient de loin, presque des étoiles.
Moi, je suis déjà transformé de t’avoir touchée.

Aimer en toi ce que je n’ai jamais vu, jamais goûté,
que j’aimerais changer tout ça,
jusqu à ce que nous nous irradions l’un l’autre
au cours d’une même et bonne période.

Oskar pastior
trad. Nycéphore Burladon
in Lectures avec tinnitus et autres acoustiures
ed. Grèges

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