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Suite aux déclarations de Macron sur le caractère de crime contre l’humanité de la colonisation française de l’Algérie, Hady Ba avait publié sur son blog un article au cours duquel il opposait l’entreprise coloniale française et l’aventure américaine :

« Il me semble qu’il y a une différence entre le fait colonial et les USA par exemple. L’extermination des indiens est un crime contre l’humanité. L’esclavage atlantique est également un crime contre l’humanité qui a le même caractère constant et durable que la colonisation. En revanche, il est abusif de dire que l’aventure américaine elle même est un crime contre l’humanité pour la raison suivante. Dans son principe même, l’aventure américaine ne s’appuie pas sur un déni systématique des droits fondamentaux d’une partie de sa population. »

J’avais fait remarquer en commentaire que cela revenait à porter au crédit des colonisateurs européens de l’Amérique du nord d’avoir réussi à submerger démographiquement les populations amérindiennes.

Au détour de la lecture de Multicultural citizenship (chapitre 2) du philosophe canadien Will Kymlicka je tombe sur un passage qui éclaire me semble-t-il cette question :

« In the United States, however, a deliberate decision was made not to use federalism to accomodate the self-government rights of national minorities. It would have been quite possible in the nineteenth century to create states dominated by the Navaho, for example, or by Chicanos, Puerto Ricans, and native Hawaiians. At the time these groups were incorporated into the United States, they formed majorities in their homelands. However, a deliberate decision was made not to accept any territory as a state unless these national  groups were outnumbered. In some cases this was achieved by drawing boundaries so that Indian tribes or Hispanic groups were outnumbered (Florida). In other cases, it was achieved by delaying statehood until anglophone settlers swamped the older inhabitants (e.g. Hawaii ; the south-west).  In cases where the national minority was not lilely to be outnumbered, a new-type of non-federal political unit was created, such as the « commonwealth » of Puerto-Rico, or the « protectorate » of Guam.

As a result, none of th fifty states can be seen as ensuring self-government for a national minority, the way that Quebec  ensures self-government for the Québécois ».

Cela soulève une question, par contraste sur la décision de la France de donner un statut de département aux territoires colonisés en Algérie (il n’y bien sûr pas les mêmes enjeux de self-government qu’avec le statut d’Etat fédéral aux Etats-Unis).  Ceux qui ont pris cette décision pensaient-ils que la colonisation de peuplement allait submerger démographiquement les populations algériennes?

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