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Pour nous rendre digne d’accueillir la révélation de la solution de l’énigme poursuivons notre initiation à la doctrine positiviste. Aujourd’hui nous examinerons comment Auguste Comte concevait la transition vers l’adoption d’une langue commune. Une indication intéressante apparaît au détour de la présentation de l’éducation positiviste:

« Sous le premier aspect, cet âge [les sept années qui précèdent la puberté] sera donc consacré à la culture familière de nos principales langues occidentales, sans lesquelles la poésie moderne ne saurait être assez appréciée. Outre leur destination esthétique, ces exercices comportent une haute efficacité morale, pour dissiper les préventions nationales, afin d’occidentaliser nos mœurs positivistes. La saine philosophie impose à chaque population l’obligation sociale de connaître toutes les langues limitrophes. Selon ce principe incontestable, la France se trouve forcée, d’après sa position centrale, qui lui procure d’ailleurs tant d’avantages, d’étudier à la fois les quatre autres idiomes occidentaux. Quand toutes les affinités naturelles des cinq populations avancées seront complétées par l’universelle pratique d’une telle règle, une commune langue occidentale ne tardera pas à surgir spontanément, sans aucune assistance des utopies métaphysiques sur l’unité absolue du langage humain. »

Système de politique positive, Tome I
Discours sur l’ensemble du positivisme, Troisième partie

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Je me contenterai de deux remarques :

1° On peut s’amuser  du décalage entre la réputation des Français en matière de maîtrise des langues étrangères et la vocation particulière que leur assignait Auguste Comte en la matière.

2° Si l’éducation positiviste forme des populations polyglottes dans chaque pays, en quoi est-il encore nécessaire qu’il y ait UNE langue commune ?

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