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Comme je l’ai expliqué naguère, je profite de la lecture vespérale d’histoires à mes enfants pour combler mes propres lacunes ; c’est ainsi que je lis actuellement des contes de Lord Dunsany traduit par Julien Green sous le titre Merveilles et démons. Je m’étais fait offrir ce volume il y a bien vingt ans de cela après avoir appris que Dunsany était cité par Lovecraft comme un de ses inspirateurs mais je m’étais contenté de le ranger scrupuleusement dans ma bibliothèque.

dunsany

Dans Le maelström, Dunsany donne la parole à Nooz Wana le  Naufrageur de vaisseaux qui interdit aux hommes l’accès des Iles heureuses. Nooz Wana explique que les hommes ne peuvent accéder à ces îles qu’un jour tous les cent ans (quand il prend sa pose) et qu’ils ne peuvent  y demeurer plus d’une journée. La chute du récit consiste dans la révélation de la raison de l’action de Nooz Wana :

« … car les dieux jaloux ont peur que trop d’hommes ne passent jusqu’aux Iles Heureuses et ne trouvent le bonheur. Les dieux eux-mêmes ne connaissent pas le bonheur. »

A l’opposé des dieux d’Epicure qui ne se soucient pas des hommes parce qu’ils sont heureux, les dieux ici évoqués par Dunsany se soucient d’empêcher les hommes d’être heureux par ce qu’ils ne le sont pas eux-mêmes. Mais d’où vient alors que les dieux eux-mêmes ne soient pas heureux ? Sont-ils victimes de la jalousie de méta-dieux qui ne sont pas eux-mêmes heureux etc. ?

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