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Dimanche soir, j’ai pour la première fois mis à l’épreuve ma récente résolution de résister au penchant à la Schadenfreude en matière politique.
Pourtant, il parait que j’aurais pu me réclamer de Thomas d’Aquin pour défendre l’idée d’une Schadenfreude vertueuse. En réalité, il me semble que Nietzsche a dit tout ce qu’il y a avait à dire de cette idée que les élus se délecteraient du spectacle du supplice des damnés : c’est là le fantasme de vengeance des faibles et des impuissants, il n’y a là que ressentiment de ceux qui sont inaptes à la vertu de magnanimité. Pour ma part je suis las de ces débordements de ressentiment, las de ces proclamations « je bois les larmes des X » (les X étant le groupe rival qui rendra la pareil à la prochaine échéance) affichées sur Twitter et ailleurs. En la matière, les plus pathétiques sont, je crois, ceux qui se réjouissent du désespoir d’un ennemi vaincu alors même que cette défaite ne lui a pas été infligée par leur propre camp, qui en est bien incapable, mais par un autre ennemi (je pense par exemple à la joie mauvaise des mélenchonistes que je stalke sur Twittter après le Brexit ou la défaite de Clinton).

tears-delicious

Ta joie doit-elle m’inspirer de la pitié ou du mépris ?

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