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On ne saurait trop recommander  La rue de la honte (Akasen Chitai), le dernier film de Kenji Mizoguchi. Je vous propose un petit extrait des dialogues, histoire  de mettre en appétit les lecteurs qui n’auraient pas vu ce film. Quelques éléments de contexte : une loi prévoyant la fermeture des bordels est en discussion au parlement ; monsieur Taya, tenancier de l’un de ces établissements adresse un vibrant discours aux prostituées qui travaillent pour lui :

J’ai quelque chose d’important à vous dire. La loi contre la prostitution qui est débattue au parlement. La loi est supposé vous protéger mais ce n’est pas vrai. Vous allez surtout en souffrir. Si vous allez en prison de quoi vivrez-vous alors. Hanaé, avec quoi vas-tu nourrir ton bébé et ton mari malade ? Yumeko devrait prendre sa retraite. Yasumi, comment pourras-tu faire des économies ? Yorie, tu voudrais travailler sur un chantier comme journalier ? Mickey, qui te donnera ton argent de poche ? Vous avez compris ? Nous, les tenanciers, nous nous soucions le plus de vous. Nous créons des places de travail. Vous et vos familles pouvez en vivre, vous ne devez  pas vous suicider. Nous faisons ce que la politique ne fait pas. Nous faisons du travail social. « droits humains » « honte de la nation » … les riches parlent beaucoup mais ne savent rien de vos problèmes. Nous sommes de votre côté. Qui d’autre ? […] Ne croyez pas aux belles paroles. Réfléchissez bien où vous irez en cas d’interdiction. Ne faites pas les idiotes. Compris ? Alors, au travail.

Akasen Chitai

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