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« On se plaint bien souvent aujourd’hui des variations trop fréquentes qui se sont produites dans les programmes au cours de ces vingt dernières années, et il arrive qu’on s’en prend à ces changements trop répétés de la crise que traverse actuellement l’enseignement secondaire. On voit que cette instabilité ne date pas d’hier; qu’elle n’est pas imputable à telles personnalités ou à telles circonstances particulières, mais qu’elle constitue un état chronique, depuis un siècle, et qui dépend évidemment de causes impersonnelles. Loin d’être la cause du mal, elle en est l’effet et l’indice extérieur; elle le révèle plus qu’elle ne le produit. Si tant de combinaisons diverses ont été successivement essayées et si, périodiquement, elles se sont écroulées les unes sur les autres, c’est que jusqu’à hier on n’a pas voulu reconnaître la grandeur et l’étendue de la maladie à laquelle elles se proposaient de remédier. On croit que, pour rétablir sur des bases solides notre enseignement secondaire, il suffirait de quelques heureux changements de détail, de trouver un meilleur dosage des disciplines enseignées, de faire plus grande la part des lettres ou celle des sciences ou de les équilibrer savamment, alors que c’est un changement d’esprit et d’orientation qui se trouve nécessaire. »

Ni la réformite de l’Education Nationale, ni la dénonciation de celle-ci, ni  les appels à la refondation pour mettre un terme à l’instabilité, ne datent d’hier puisque ce texte, extrait de L’évolution pédagogique en France de Durkheim a été écrit en 1904.