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Que A prenne B pour un imbécile sans apercevoir que B se rend compte qu’il le prend pour un imbécile, voilà qui, à la réflexion, ne devrait pas paraître surprenant. Supposer l’autre incapable de discerner la manière dont on le considère, c’est justement le créditer d’une forme d’imbécillité. Mais on risque de se méprendre si on croit que l’erreur de A, dans ce genre de cas, consiste seulement à surestimer l’imbécillité de B. L’aveuglement de A est souvent plus profond :  il ne se rend même pas même compte du fait qu’il prend B pour un imbécile. Faut-il en conclure qu’en l’occurrence c’est A le plus imbécile des deux, ou ne faut-il pas plutôt admettre qu’il est plus facile de se rendre compte qu’on est pris pour un imbécile que de se rendre compte qu’on prend l’autre pour un imbécile?

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