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Peu de temps après avoir cité la semaine dernière cet extrait des Heures oisives du moine Kenkô, je suis tombé sur ce texte du premier Livre d’Humain trop humain que je suis tenté de rapprocher du précédent.

§ 586. La petite aiguille de la vie

« La vie se compose de rares instants isolés, suprêmement chargés de sens, et d’intervalle infiniment nombreux dans lesquels nous frôlent tout juste les ombres de ces instants. L’amour et le printemps, une belle mélodie, une montagne, la lune, la mer – toutes choses ne parlent pleinement au cœur qu’une fois, à supposer qu’elles trouvent jamais à s’exprimer pleinement. Car beaucoup de gens ne connaissent absolument aucun de ces moments et sont eux-mêmes des intervalles, des silences dans la symphonie de la vie. »

Au mépris aristocratique exprimé par Nietzsche à l’égard de ceux qu’il présume incapables de telles expériences, on pourra préférer la commisération du bon moine Kenkô.

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