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身の上の鐘ともしらで夕涼み

mi no ue no .
kane to mo shirade .
yûsuzumi

身の上の鐘と知りつつ夕涼み

mi no ue no .
kane to shiritsutsu .
yûsuzumi

Kobayashi Issa

 Fraîcheur du soir
ne sachant pas que la cloche
sonne notre glas
Fraîcheur du soir
sachant que la cloche
sonne notre glas

traduction trouvée ici

 Fraicheur du soir –
celui-là ignore que la cloche
sonne le glas de sa vie
 Fraicheur du soir –
celui-là ignore que la cloche
sonne le glas de sa vie

trad. Corinne Atlan et Zéno Bianu
in Anthologie du poème court japonais, Gallimard Poésie

*

Du fait que les poèmes qui se répondent sont ici du même auteur, cette antinomie du soir d’été l’emporte sur l’antinomie printanière évoquée l’année dernière.

Il semble que les deux poèmes n’aient pas été écrits en même temps ; plus exactement la version « sachant » est datée de 1823, tandis que la version « ignorant » n’est pas datée, elle peut donc être antérieure ou postérieure.

L’écart entre les deux traductions est intéressant. La traduction force, semble-t-il à faire un choix en ce qui concerne la relation entre le sujet qui énonce le poème et le sujet dont parle poème : la première traduction pose une relation d’inclusion tandis que la seconde pose une relation d’extériorité. Si on suppose que c’est la même personne qui est évoquée dans le deux poèmes,  la situation de savoir est  postérieure  à la situation d’ignorance ; mais dans la perspective de la première traduction l’évocation de la situation d’ignorance ne peut-être que rétrospective puisqu’elle est désignée depuis une position de savoir. On aurait alors la relation suivante entre le deux poèmes : la situation décrite par le premier poème précède la situation décrite par le second, mais l’énonciation du premier poème n’est possible qu’après la situation décrite par le second.