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Philémon était convaincu qu’Anatole n’avait pas le courage de lui dire la vérité sur un sujet qui lui tenait à cœur, et il se demandait s’il pouvait lui en vouloir. Philémon se rendait bien compte que lui même n’osait pas faire savoir à Anatole ce qu’il lui reprochait et il sentait que cela devait le porter à l’indulgence. Sa propre réticence à exposer ses griefs ne lui apparaissait certes pas comme de la lâcheté ; n’était-elle pas fondée sur la conviction qu’Anatole n’était pas prêt à entendre ce qu’il avait à lui dire ? Mais alors, se disait Philémon,  il était vraisemblable qu’Anatole était lui-même retenu par le même type de considération à son égard. Si Anatole croyait  qu’il n’avait pas le courage de regarder la vérité en face,  Philémon ne pouvait pas jurer qu’il avait tort.

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