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« La pression qui, au moment du coït, colle l’un à l’autre deux êtres dont chacun tente de fuir sa solitude, résulte du même élan fou qui se retrouve chez tous, mêlé seulement d’un regret qui tend seulement vers l’abîme de la mort.

Seule la mort ne ment pas.

Sa présence réduit à néant toutes les superstitions. Nous sommes les enfants de la mort. C’est elle qui nous délivre des fourberies de l’existence. Des profondeurs mêmes de la vie, c’est elle qui crie vers nous et si, trop jeunes encore pour comprendre le langage des hommes, il nous arrive parfois d’interrompre nos jeux, c’est que nous venons d’entendre son appel… Durant tout notre séjour sur terre, la mort nous fait signe de venir vers elle. Chacun de nous ne tombe-t-il pas, par moment, dans des rêveries sans causes, qui l’absorbent au point de lui faire perdre toute notion du temps et de l’espace ? On ne sait même pas à quoi on pense mais, quand c’est fini, il faut faire effort pour reprendre conscience de soi-même et du monde extérieur. C’est encore l’appel de la mort. »

Sadegh Hedayat, La chouette aveugle, p. 152 – 153

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