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« J’avais tellement pensé au trépas, à la décomposition des cellules de mon corps que non seulement cela avait cessé de m’effrayer, mais que je désirais réellement disparaître et m’anéantir. Une seule chose me faisait peur : l’idée que les atomes de ma chair se mêleraient ensuite à ceux de la canaille. Y songer m’était insupportable et je souhaitais disposer, une fois mort, de longues mains, munies de longs doigts sensibles, afin de pouvoir rassembler soigneusement tous mes atomes, les garder dans mes paumes fermées et empêcher ces fragments de mon être, mon bien exclusif, d’entrer dans le corps de la canaille »

Sadegh Hedayat, La chouette aveugle trad. Roger Lescot, José Corti, p.150

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