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J’aimerais réfléchir à la situation suivante  :

A aimerait que B accomplisse une certaine action X. Si B savait que ce que A désire, il le ferait volontiers, mais B ne devine pas ce que désire A. Il suffirait que A dise à B ce qu’il désire pour débloquer la situation : A serait satisfait de ce qu’aurait fait B et B serait satisfait d’avoir fait plaisir à A. Pourtant, il arrive que A ne dise pas à B ce qu’il attend de lui … ainsi B ne fera pas X et A sera déçu. Dans le meilleur des cas, A passera à autre chose, mais comme on le sait, il n’est pas rare qu’il en veuille à B, qui peut-être se rendra compte de l’hostilité de A sans en comprendre la raison.

Cette situation est certainement familière à chacun bien qu’elle soit ici décrite du point de vue idéal d’un observateur qui aurait accès au contenu de l’esprit des protagonistes. Ces derniers n’ayant pas ce privilège, sont susceptibles de ne pas comprendre que c’est justement dans cette situation qu’ils se trouvent. On aura l’occasion d’y revenir.

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Si j’avais suffisamment de lecteurs pour que cela vaille la peine de prendre le temps d’apprendre à insérer un sondage dans un article, je vous demanderais si c’est à A ou à B que vous vous identifiez le plus spontanément. Je pourrais aussi de tester les stéréotypes de genre : spontanément quel sexe attribuez-vous à nos deux personnages ?

En fait ce qui m’intéresse le plus dans la configuration décrite ci-dessus c’est de comprendre les raisons qui nous conduisent à une situation insatisfaisante pour les deux alors qu’il suffisait apparemment de si peu pour que les deux soient satisfaits. Pour quelles raisons A ne dit-il pas à B ce qu’il désire ?

Cela fait un certain temps que j’ai mis en chantier cet article, mais, comme mes idées partent un peu dans tous les sens, j’ai décidé de ne pas attendre d’avoir tout mis en ordre et de tronçonner le sujet quitte à faire des correctifs après coup.

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Aujourd’hui je vais envisager un premier type d’explication possible (l’hypothèse 1.) : A n’ a pas dit à B ce qu’il désirait parce qu’il ne le savait pas lui même.

Cette explication suppose qu’on admette l’existence de désirs inconscients. La légitimité d’une telle supposition peut donner lieu à une controverse dans laquelle je n’ai pas l’intention de m’engager pour ne pas me perdre en préalables (de surcroît même s’il existe des cas qui ne peuvent s’expliquer que par des désirs inconscients, ceux qui s’expliquent par des raisons conscientes m’intéressent davantage).

Admettons que A ne sache pas lui-même ce qu’il attend de B, qu’en résulte-t-il pour la suite du scénario ? Dans cette hypothèse, si A en veut à B, il ne sait pas pourquoi ; si B lui demande ce qu’il lui reproche, A est dans l’incapacité de répondre, peut-être niera-t-il en vouloir à B faute de trouver le motif de le faire. On conçoit que dans cette hypothèse, la seule solution pour dénouer la situation, c’est qu’un tiers C, psychologue perspicace révèle à B le désir de A que lui-même ignore.

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