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« La suite changeante des saisons révèle toutes choses émouvantes. « Émouvante intimité avec les choses en automne », dirait chacun, « plus sensible que jamais ». Cela est vrai, sans doute, mais davantage encore l’allégresse du cœur naît au spectacle du printemps. Dans le chant même des oiseaux éclate le renouveau ; aux rayons sereins du soleil surgissent les herbes des haies. Déjà le printemps s’affirme ; les brumes s’étendent, l’heure apparaît où les fleurs enfin vont s’ouvrir; mais voici la pluie, le vent incessant et les voilà bvien vite dispersées. Jusqu’à la verte frondaison, il n’est au coeur que mille tourments.

On reconnaît le nom de la fleur d’oranger ; mais c’est mieux encore au parfum des pétales de prunier que reviennent, si touchant, les souvenirs du temps passé. Fraîche kerrie, glycine incertaine, – que de choses partout, que de choses inoubliables !

[…]

Poursuivrai-je tout ceci ? le Roman de Genji et les Notes de l’oreiller ne l’ont-ils pas ressassé? Mais ces mêmes choses, de nouveau, maintenant, les redire, il n’y a là aucun mal. Si l’on exprime point ce qu’on sent, cela vous reste sur l’estomac … »

Urabe Kenkô, Les heures oisives, XIX

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