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« Ce qui est inachevé, si exact par l’expression et, en un mot, si parfait a une espèce de forme tellement déterminée et solide que l’imagination du lecteur, qui n’a rien à y faire et à y influer, ne s’y ouvre point comme la mémoire pour se l’approprier et le retenir. On laisse ce mémoire devant soi, pour l’admirer, mais hors de soi. On est frappé et non pénétré. Il n’y a rien là de fluide ou de moelleux, à moins que la pensée n’ait par elle même une telle éthéréité qu’elle en dématérialise la parole.

Ajoutez : ce qui est parfait, si achevé se retient et se fait peu relire. (Comment réunir ces deux mérites?) »

Joseph Joubert, 17 avril 1799, Carnets I, p. 291

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