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« La comédie n’améliore pas immédiatement les hommes, ni non plus la satire, c’est-à-dire que l’on n’abandonne pas immédiatement les vices dont elle se gausse. Toutefois ce qu’elles peuvent faire, c’est agrandir notre horizon et augmenter le nombre de points fermes grâce auxquels on se peut promptement orienter dans toutes les occasions de la vie. »

Lichtenberg, Le miroir de l’âme, [D. 81] p.202

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J’ai fait part d’un certain scepticisme quant à la valeur « éducative » de la moquerie envers les croyances religieuses. De manière générale j’aimerais y voir plus clair à propos des conditions d’efficacité du « castigat ridendo mores« . Ce texte de Lichtenberg porte sur le sujet mais il n’est pas assez éclairant à mon goût. Je conçois bien que l’efficacité de la comédie ne soit pas immédiate  : il ne suffit pas de reconnaître certaines de nos habitudes comme ridicules pour s’en libérer (et de surcroît il ne suffit pas qu’elles soient raillées pour qu’on les trouve ridicules, il faut encore que le point de vue depuis lequel elles apparaissent ridicules nous soit accessible). Ce que j’ai du mal à saisir, c’est le mode d’action que Lichtenberg attribue à la satire et à la comédie : « agrandir notre horizon et augmenter le nombre de points fermes grâce auxquels on se peut promptement orienter dans toutes les occasions de la vie ». J’ai l’impression que cela n’a rien de spécifique à la comédie et à la satire, et que cela ne nous dit rien de la valeur correctrice du rire.

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