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« Lors d’une malheureuse expédition militaire en Sicile, les citoyens athéniens avaient été pris comme esclaves. On savait donc que toutes les formes d’esclavages ne sont pas, en tant que telles, justifiées. Certains se sentaient mal à l’aise à cet égard, et le moment était mûr pour un arbitre. Cet arbitre se présenta et son nom était Aristote : « Vous avez raison de vous sentir mal à l’aise, dit-il en substance, car toutes les formes d’esclavages ne sont pas justifiées. Je vais élaborer une distinction philosophique et vous dire quelles pratiques sont justes et quelles pratiques sont injustes.  Le monde est divisé entre ceux qui peuvent planifier leur propre vie et ceux qui ne le peuvent pas, mais doivent se contenter de suivre le plan de vie qui leur est prescrit par d’autres. Ce sont ces derniers dont il est naturel qu’ils soient esclaves. Ce n’est pas une théorie mais c’est un oeil perspicace qui se trouve requis pour reconnaître l’esclave naturel.

Je suis en accord avec la prémisse d’Aristote selon laquelle le monde est divisé entre ceux qui peuvent planifier leur propres vies et ceux qui ne le peuvent pas. Mais si la conclusion qui s’ensuit est que ces derniers doivent être esclaves, alors j’ai peur de découvrir que certains philosophes parmi les plus remarquables, se tiennent du mauvais côté de cette opposition ».

Richard Sobarji, Des droits des animaux, débats antiques et modernes
in, La philosophie morale Britannique, PUF p. 250

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