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En contrepoint aux considérations de Kojève évoquées hier, un texte qui lie fin du monde et goût des cérémonies.

« On a beau dire que le monde va déclinant et touche à sa fin, il n’en reste pas moins que le divin spectacle du Palais Impérial à l’abri des atteintes de ce monde, est une chose bien réconfortante. 

« Terrasse de la Rosée », salon du repas matinal » – comme ces noms, ou ceux de telle salle ou de tel portail, résonnent de façon exquise! […] « Dans la salle d’apparat qu’on se prépare pour la cérémonie de nuit » – comme ce commandement, lui aussi sonne bien ! […] Quand les grands Seigneurs conduisent ces cérémonies, il va sans dire que le spectacle réconforte le cœur. » 

Urabe Kenkô, Les heures oisives, XXIII

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Pas de megalothymia ici (mais le moine Kenkô évoque ailleurs ce sujet) ; c’est un réconfort qu’apporte le spectacle des cérémonies. Il est vrai que la fin du monde dont il est ici question n’est pas non plus la fin de l’histoire de Kojève-Hegel : il semble s’agir de l’effondrement de la civilisation et son retour au chaos plutôt que de son aboutissement. Dans les deux perspectives pourtant, l’idée que l’être civilisé est un animal cérémonieux.

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