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 « Le cercle de la pleine lune ne demeure pas un seul instant dans sa perfection. Il décroît vite. Si l’on n’y prend garde, on ne s’aperçoit même pas que la forme change tellement en une seule nuit.

De même, la maladie qui s’aggrave ne s’arrête pas à un moment et l’heure de la mort est déjà très proche. cependant, tant qu’on n’est pas sérieusement malade et tant qu’on ne se trouve pas face à la mort, on s’habitue à l’idée d’une vie permanente et sans danger. On pense qu’après avoir réalisé beaucoup de choses, on s’avancera tranquillement sur la voie de Bouddha. Quand on tombe malade, quand on est à l’agonie, on regrette de n’avoir réalisé aucune de ses volontés, d’avoir vécu pour rien dans des années de paresse. On fait le vœu qu’à la guérison, au moment de la vie recouvrée, on travaillera nuit et jour pour accomplir ceci ou cela. mais, comme la maladie s’aggrave vite, on s’agite en perdant toute retenue et on meurt.  Ce cas semble le plus fréquent. Voilà ce que tout homme doit, sans retard, garder avant out dans l’esprit. »

Urabe Kenkô, Les heures oisives, CCXLI

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