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« Le grand écueil des poètes est la sottise, la niaiserie. Autre écueil l’impudeur ou impudicité = montrer à nu le vulgaire de soi, quêter par le vulgaire de soi. Musset etc. « Les plus désespérés » etc. »

Paul Valéry, Poésie, in Ego scriptor, p. 110

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J’ai déjà cité un texte de Valéry à propos du risque de niaiserie en matière de poésie, j’aimerais en citer quelques autres contre l’épanchement sentimental :

« Il faut être singulièrement sot pour attribuer à un poète les sentiments qui paraissent dans ses vers.
Et il faut que les vers soient singulièrement mauvais pour qu’ils puissent « exprimer les sentiments de l’auteur. Du moins ceux qu’il se connaît. »

ibid. p. 88

« Je soupçonne de facilité les moyens tirés des sentiments.
Ce n’est pas à l’auteur, c’est à l’autre de fournir ses sentiments.
Le but d’un ouvrage – honnête – est simple et clair : faire penser. Faire penser malgré lui, le lecteur. Provoquer des actes internes. »

Ego scriptor, p. 159

On me reproche de ne pas émouvoir etc.
Je ne fais que traiter les autres comme j’aime être traité. Je n’ai que faire des sensations et des émotions des autres – les miennes propres me suffisent. Je ne demande aux écrivains que de m’apprendre quelque chose – des tours de notre métier. »

Ego scriptor, p. 175

Ils m’ont souvent reproché de manquer de substance – d’être une « vaste intelligence » – inoccupée etc (Rivière). Je puis dire 1° que j’estime impudique de montrer autre chose que ce qui laisse les gens libre ne pas vouloir toucher aux parties sensibles – voie honteuse, etc. Je n’aime pas cela pour moi – 2° que dans cette apparence ou attitude de virtuosité – j’ai été à l’extrême – et c’est là un acte – – substantiel.

Ego scriptor, p.201

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