Étiquettes

, ,

« Rien de mieux que d’éviter les disputes, de se dominer, de céder aux désirs d’autrui, de rester en arrière et de laisser les autres à la première place.

Dans toutes sortes de jeux, celui qui aime gagner joue pour éprouver la joie de la victoire. Il se réjouit de la supériorité de son art. Il va de soi qu’il sera mécontent lorsqu’il perdra.

Si l’on veut faire plaisir à son adversaire en se résolvant à céder, le jeu cesse d’avoir toute espèce d’intérêt, mais n’est-il pas contraire  à la vertu de prendre plaisir à apporter des déceptions à ses semblables?

Dans les relations avec ses familiers, les plaisanteries représentent parfois des intrigues et des duperies dont nous tirons satisfaction sur la supériorité de notre intelligence. Tout cela est contraire à un bon comportement social.

Il y a de nombreux exemples de rancunes persistantes dont l’origine n’a été qu’un simple amusement à l’occasion d’un banquet. C’est le résultat d’un goût trop poussé de la compétition.

 Si l’on pense à surpasser autrui, on ne devrait viser qu’à la supériorité de la sagesse, dont le développement n’est dû qu’à l’étude. Si l’on suit la voie de l’humanisme, on apprendra qu’il ne faut pas se vanter de ses propres vertus ni chercher la supériorité avec ses amis. C’est uniquement grâce à cette puissance que donne la culture qu’on aura le courage d’abandonner une situation, quelque importante qu’elle puisse être, aussi bien que des intérêts matériels. »   

Urabe Kenkô, Les heures oisives, CXXX

Giresse-France-RFA-1982

Cet individu prenait du plaisir à apporter une déception à ses semblables. Il ne tarda pas à tomber de haut.

Publicités